Samedi 6 mai 2017 Irring bei Passau- Kaiserhof 75km

Enfin bleu!!!
(à la sortie de Passau)

Très beau temps, et même chaud !

Avant Passau, le Donauweg longe de près le Danube, traverse un gros barrage en briques puis suit la route.

Une visite rapide de la ville, avec le vélo ce qui n'est pas bien pratique. Belles maisons baroques peintes, la cathédrale immense qu'on ne peut pas visiter si on ne prend pas un billet pour un concert d'orgue, une église blanche simple et très belle, l'hôtel de ville, le marché devant la cathédrale et la pointe au confluent de l'Inn et du Danube. Belle ville mais des troupeaux de touristes.

À la sortie de la ville, la piste suit la route qui fait beaucoup de bruit mais le fleuve, qui s'est beaucoup élargi avec l'arrivée de l'Inn, est magnifique, et ...bleu.

À Obernzell ça s'arrange, fini la route, les cyclistes sont nombreux mais il n'y a presque plus qu'eux. On sera encore en Allemagne jusque après Jochenstein. C'était déjà beau et vert, mais quand on arrive en Autriche on se trouve tout de suite dans un environnement plus sauvage et notamment très forestier. Le fleuve rentrant dans un secteur plus montagneux se met à faire des méandres serrés. Il va falloir changer de rive, le chemin ne continue pas de ce côté. Traversée sur un joli bateau en bois dont le conducteur parle français, il a fait les vendanges deux fois près de Valence.

Et puis le fleuve continue à sinuer entre les monts boisés, c'est sauvage et très beau. Je vais continuer encore une quinzaine de kilomètres jusque Kaiserhof où il y a un camping immense de caravanes au bord du Danube à côté d'une Gasthof. Les campeurs font de la musique mais les seuls véhicules qu'on entend c'est les bateaux sur le fleuve, péniches ou gros bateaux de croisière.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

dimanche 7 mai 2017 Kaiserhof-Linz 40km

défilé à Ottenheim

Temps couvert, un peu lourd, quelques éclaircies, pluie le soir seulement

Il devait pleuvoir dès la matinée d'où la courte distance prévue, mais le matin le ciel est seulement couvert.

Ça roule bien au bord du fleuve. Une péniche va à la même vitesse que moi. Les monts environnants sont moins hauts, on longe des zones marécageuses mais de l'autre côté on voit des villages.

On va passer devant deux « Kraftwerk » barrages hydroélectriques. Au premier j'abandonne ma péniche, le deuxième je le traverse pour rejoindre le bourg d'Ottenheim. Là bas devant l'église joue la fanfare, accompagnée d'un bataillon militaire en costumes brun kaki constellés de décorations.

Entre Ottenheim et Linz la piste suit la grand route, pas super. À Linz, on traverse le pont et on se trouve tout de suite sur la Hauptplatz, place principale, très grande place rectangulaire avec des colonnes et fontaines au milieu et des bâtiments imposants autour, le tramway qui passe au milieu.

Un arrêt à l'office du tourisme, ensuite casse-croûte sur un banc, un petit coup d’œil sur la ville, et sans tarder je monte (fort) à la « Jugendgästehaus » pour y arriver à l'ouverture et avoir le temps de faire la lessive et ranger. Tout est très neuf et confortable. Par chance je suis seule dans la chambre je peux tout étaler, ce n'est qu'après qu'arrive Maria, une jeune colombienne qui avec son ami va faire le trajet inverse de moi, de Vienne à Saint-Nazaire. En vélo, s 'entend.

J'avais l'intention de descendre en ville le soir et d'y manger quelque chose, mais il se met à tomber un déluge. Je me contenterai d'un potage en sachet. C'est déjà bien d'avoir ça.

 

 

 

 

 

 

Lundi 8 mai 2017 Linz-Gottdorf 100km

déluge

 Le matin couvert avec vagues éclaircies, pluie l'après-midi

Traversée de Linz : une zone urbaine, une zone (inondable) de parc, puis une zone industrielle pleine de cheminées et de vapeurs et d'odeurs. Plus loin, en campagne, ce dont des plantations forestières, surtout des peupleraies.

Rester sur la même rive oblige à traverser une zone agglomération de plusieurs communes. C'est là que se trouvaient les camps de concentration de Gusen et de Mauthausen, on peut visiter ce dernier, avec une pente à 14% pour y aller... Le bourg de Mauthausen est tout à fait charmant, beaux monuments et belles maisons anciennes, et on n'y évoque pas le camp.

Et puis de nouveau c'est le calme de la nature au bord du large fleuve jusqu'au barrage de Wallsee que je traverse. Le village du même nom a un port fluvial mais est situé en hauteur sur une colline autour d'un château. J'y monte pour me réchauffer, et prends un café avec un délicieux Apferstrudel dans le seul bistrot ouvert. J'y fais la connaissance d'un jeune couple de cyclistes anglais de Manchester, qui font le trajet Passau-Wien, et sont allés, eux, visiter le camp de Mauthausen ce matin.

Aujourd'hui ça roule très bien, le vent est derrière (ce qui annonce la pluie...). Je décide de poursuivre plus loin en rive droite, et, très peu après, la pluie, intermittente jusque là, deviens forte et continue. Ça n'empêche pas d'apprécier le paysage.

Par contre le camping le soir ça ne m'inspire pas fort et je vais essayer de chercher une chambre chez l'habitant, à Ybbs (ville moche) et à Persenbeug de l'autre côté (bien plus joli) et finalement, après avoir bien erré sous la pluie, je trouve pour 25 euros dans le joli village de Gottsdorf. Divin !

 

Mardi 9 mai 2017 Gottsdorf – Krems 60km

architecture baroque à Stein-Krems an der Donau

Temps couvert et venteux

Départ un peu tardif (9h15) après avoir pris un petit déjeuner copieux, papoté avec Mme Köck, raccroché le crucifix et rangé tout mon barda.

Il y a de gros travaux à Marbach, ils refont la digue et le Donauweg, l'embarcadère est désaffecté et on ne peut pas traverser pour rejoindre l'autre rive. J'irai néanmoins, par le pont qui est plus loin, à Pöchlarn. C'est la ville natale du peintre Oskar Kokoschka, dans sa maison il y a un petit musée, cela fait une agréable diversion culturelle.

En sortant il n'est pas tôt mais je pousse jusqu'à Melk, ville ancienne fort touristique surplombée par une énorme abbaye un peu tarte à la crème. Et puis poursuite sur la rive droite, où le vent vient maintenant d'en face, et il est très froid. On longe des forêts et des falaises rocheuses. Le fleuve est impressionnant, l'eau dévale en tourbillonnant et les arbres de la rive ont les pieds dans l'eau.

Une partie du trajet est au bord de la grand-route et très désagréable. Mais avant d'arriver à Mautern on traverse une zone intéressante partie de la région de Wachau, zone arboricole et viticole. Il y a même une route du vin !

Krems est une belle ville ancienne, longue rue, maisons anciennes avec portes cochères et fenêtres ornées, décorations murales, plusieurs églises et une tour.

 

Mercredi 10 mai 2017 Krems-Greifenstein 57km

coucher de soleil sur le Danube

Ciel bleu, soleil, mais vent froid

Au Frühstück (moins bien que les précédents, tout en barquettes industrielles), je parle avec une jeune cycliste anglaise qui va dans l'autre sens, d'Istanbul à Londres en suivant le trajet de l'Orient Express. Il neigeait quand elle est passée en Serbie.

Longue sortie de la ville à travers les zones industrielles. Les usines, ça commence à bien faire. Enfin on rejoint une zone verte, la forêt alluviale (robiniers, peupliers, grisards, frênes) et le Danube qui me paraît encore plus large. La région traversée a des reliefs beaucoup moins accentués. On roule sur la digue, c'est calme, ni vent ni cyclistes au début, les deux arriveront un peu plus tard. Le vent ne gêne pas pour avancer mais il vous glace.

Traversée du grand barrage d'Altenwörth où on passe à côté d'une eau boueuse qui passe avec force au-dessus des vannes. C'est une centrale électrique (Kraftwerk). Un peu plus loin il y a une autre centrale, Kernkraftwerk, c'est à dire centrale nucléaire. Mais elle n'a jamais fonctionné, car en 1972 (sauf erreur) il y a eu un referendum en Autriche résultat 49,5% pour 50,5% contre, et elle n'a jamais été mise en service. Comme c'était une centrale modèle pour ce qui est de la sécurité, elle sert maintenant de lieu de stage pour les ingénieurs !

Trajet désagréable jusque Tülln, usines et routes, mais la ville est agréable sous le soleil, les tables des cafés sont pleines et les marchands de glaces font recette.

Ensuite on suit le fleuve, sur la digue sur une chaussée refaite à neuf, c'est bien agréable dans la lumière de fin d'après-midi avec le soleil derrière. Beaucoup de promeneurs, en vélo à pied ou en trotinette. Sous la digue il y a des habitations, bien en-dessous du niveau du fleuve. Les plus récentes sont sur pilotis.

 

J'ai décidé de ne pas aller dans un camping ce soir, pas envie de me retrouver près d'une route. En fait seule la digue est accueillante, elle est large, et au bord de l'eau il y a des emplacements qui sont tondus pour que les bateaux puissent voir les bornes avec les gros chiffres qui indiquent les distances. L'un d'eux, qui bénéficie de la présence d'un banc, fera une très bonne place de bivouac, et me permettra de voir le soleil se coucher sur le Danube.

 

Jeudi 11 mai 2017 Greifenstein- Bad Deusch Altenburg 84km

longue ligne droite! (Hubertsdamm)

Ciel bleu, soleil, mais vent froid

Le premier cycliste passe à … 5h20.

Pour aller à Vienne, encore un peu de campagne mais très vite on traverse dea zones urbanisées et on ne voit plus le fleuve. L'entrée dans la ville est interminable (normal, c'est une capitale), certes il y a des pistes cyclables partout mais il faut comprendre où elles mènent. Enfin je me retrouve du côté du Staatsoper, et je passe devant des bâtiments, palais et églises, tous plus monumentaux et pompeux les uns que les autres, blancs, dorés, plein de statues. Avec point positif beaucoup de parcs, le plus grand étant le Prater, celui où il y a la grande roue, par où je sors de la ville par une allée de 5km de longueur, où je manque de peu la photo d'une biche (ou d'un chevreuil?) en train de traverser.

Après ça il faut passer un pont, c'est un peu l'horreur, passage étroit, vue sur l'eau en-dessous, secousses provoquées par le passage des automobiles. Et puis on se retrouve dans du vert, sur une île tout en longueur au milieu du fleuve, pas du tout naturelle, de l'autre côté c'est un canal que l'on traverse, on sur la digue en zone verte, en bas des naturistes font griller leurs chairs.

Soudain, changement, une zone industrielle monstrueuse, une raffinerie dans doute, cuves et des tuyaux dans tous les sens.

Et puis sans transition, on pass à une zone non seulement naturelle mais paraît-il exceptionnelle et protégée. Normal, c'est une grande forêt alluviale. Pour l'instant on roule sous la digue, jusqu'à un village qui s'appelle Schönach an der Donau, très calme et aucun commerce, à la sortie on monte sur la digue, après c'est toujours sur la digue et tout droit sur une quinzaine de kilomètres. Très peu de monde. De part et d'autre des bois, des prés, des zones marécageuses, des étangs ou anciens bras bordés de phragmites. Il y a encore deux villages, Örth où il y a un château avec quatre larges tours carrées, et un « Penny Markt » ; et enfin Stopfenreuth, où on se croirait déjà en Slovaquie. D'ailleurs dans le cimetière la moitié des noms sont slaves.

Encore une dure épreuve de passage de pont, un pont qui fait plus de 3km. Je n'irai pas beaucoup plus loin, à Bad Deutsch Altenburg, je ferai étape dans un parc au bord du Danube.

Vendredi 12 mai 2017 Bad Deutsch Altenburg – Bratislava

quid est hoc?

 

Beau temps mais avec nuages, chaud, un peu lourd

Nouvelle matinée culturelle : nous nous trouvons aux confins de l'empire romain, les romains sont arrivés par le Danube et ont conquis aux alentours du 1er siècle, au temps de Marc Aurèle, qui s'est battu contre les Marcomans. Ils y ont fondé une grande ville, Carnuntum, avec un camp militaire (le même que dans Astérix), et deux amphithéâtres qui pouvaient contenir jusque 13000 personnes et où on pratiquait les combats de gladiateurs . La ville a prospéré plusieurs siècles mais a été détruite par un tremblement de terre. Et puis elle est tombée en désuétude, avec l'empire romain du reste. Les restes sont du coup facilement accessible, puisque rien n'a été construit à la place ou par dessus.

Il y a deux musées l 'ancien, sur la commune de Bad Deutsch Altenburg et le nouveau, sur la commune de Petronell Carnuntum à 5km. Je commence par le premier, qui est un musée moderne avec jeux de lumière, films sur grand écran, et surtout accès aux fouilles.

Les ruines sont nettoyées bien nickel avec un petit mortier pour les fixer. Il ne reste que le bas des murs, des fragments de carrelage (tomettes carrées), de mosaïques ou de peintures murales. Mais, ce qui bien intéressant, ils ont carrément reconstitué « à l'identique » les bâtiments, de façon très sérieuse et documentée affirment-ils, en utilisant exclusivement des matériaux disponibles à l'époque.

Alors évidemment ce qui frappe par exemple c'est les murs peints de couleurs vives (on imagine tout tout blanc pour ce qui est de l'antiquité), et puis le mobilier, qui n'est pas si éloigné du nôtre. En fait, de l'extérieur, ces maisons ressemblent tout à fait à des maisons méditerranéennes actuelles. Il y a plusieurs maisons, des magasins (tissus, épicerie) et des thermes.

C'est dans l'ancien musée que sont rassemblés tous les objets trouvés dans les fouilles, armes, bijoux, camées, boucles de ceinture, fibules, fines statuettes de bronze.

Après cette matinée bien remplie, il ne reste plus qu'à aller à Bratislava, itinéraire sans trop d'intérêt, et qui en grande partie va longer la route... et même l'autoroute à la fin.

A noter juste, l'imposer château de Hainburg en haut d'un mont, la rencontre rapide d'un cycliste venant d'Amsterdam qui va beaucoup plus vite que moi et sera à la Mer Noire fin mai, l'église de Wolfsthall où commence le chemin de Saint Jacques autrichien et à côté de laquelle il y a un « Schubertlinde », tilleul planté au 100ème anniversaire de la mort du musicien.

Aucune trace bien sûr de ce qui fut le rideau de fer. Pour arriver il faut encore passer un long pont, sous la chaussée mais le vent souffle fort. Avant ce pont il y a une grande tour panoramique.

À Bratislava beaucoup d'animation, de voitures, de bruit, et aucun abus de pistes cyclables, on aurait pu s'en douter.

Je trouve le Hihostel « Patio Hotel » sur une grande avenue mais dans une cour, fréquentation très mélangée, exemple dans la chambre, une Canadienne d'origiine asiatique, un Ukrainien, un Kurde de Turquie réfugié politique, un Irlandais.

By night Bratislava est une ville très vivante.