mardi 25 avril Rosenau - Waldshut-Tiengen 85km

der Rhein... sous la pluie

Couvert et lourd le matin, pluie l'après midi, le soir, la nuit

Après avoir un peu erré ce qui m'a permis d'admirer les installations portuaires, je franchis la belle passerelle des trois pays qui passe à quelques dizaines de mètres de la triple frontière.

De l'autre côté  c'est la Suisse. De Bâle je ne vois que les quais du Rhin, belles maisons et promenades boisées, et, de là, les flèches de la vieille ville... et puis beaucoup les faubourgs car je ne fais que me perdre. Je finis par comprendre que l'itinéraire indiqué sur ma carte, celui qui passe en Allemagne et que je veux suivre, est l'EV15 et pas l'EV6.

Me voilà en Allemagne, l'itinéraire suit la vallée du Rhin, parfois à travers des zones urbanisées, ou des zones industrielles aux énormes usines, dans des campagnes épisodiquement, le long de la ligne de chemin de fer assez souvent.. mais aussi beaucoup tout au bord du Rhin le grand fleuve entouré de collines boisées, bien gris aujourd'hui.

Villes aux vieilles maisons bien retapées, un château restauré en hôtel de luxe.

Dès le début de l'après-midi la pluie se met à tomber. Pas d'abri abordable avant un camping à Waldshut Tiengen, au bord du Rhin. Plein de caravanes mais un espace herbeux pour les tentes et un abri pour les vélos, tout près d'une salle avec tables et chaises, chauffée, très agréable et dont je profiterai amplement.

Bâle

lundi 24 avril Mulhouse-Rosenau 33km

Beau temps

Durant cet intermède j'ai pu profiter un peu de l'Alsace, monter dans le vignoble la plus grande côte de la balade jusqu'ici (100m en 3km), faire réparer mon pédalier, changer un rayon et le pneu arrière..

Bref, de la gare de Mulhouse, je repars sur l'EV6 en bon état, aux alentours de 17h30. L'itinéraire suit jusqu'à Bâle le canal du Rhône au Rhin, je le suis même d'un peu trop en continuant sur la rive sur de mauvais chemins de terre alors qu'il aurait fallu bifurquer.

Au soleil de fin d'après-midi, c'est un bel itinéraire d'ailleurs assez fréquenté par les promeneurs. D'un côté le canal, de l'autre de larges bandes d'herbe verte, avec des boisements de l'autre côté, notamment la forêt de la Harth, que je ne verrai que de loin.

Le canal est très large, rive bétonnées, jusqu'à ce qu'il rejoigne le Grand Canal d'Alsace qui lui,est vraiment du gros gabarit. Après il redevient très campagnard. Mais là la berge n'est ni large ni tondue. Où vais-je dormir?

Comme d'habitude in extremis voilà la bonne place: un petit étang de pêche entouré de pelouses bien planes et bien tondues, avec des arbres et des bancs.

mercredi 26 avril Waldshut - Dachsen (CH) 45,5km

vue vers Kaiserstuhl

Pluie et quelques flocons jusqu'en fin de matinée, puis nuageux et vent froid

Petite balade d'après-midi, quoi. En fait, si au début c'est facile malgré quelques raidillons où il faut pousser le vélo, dans la deuxième moitié du trajet on quitte les bords du Rhin et on se prend dans le nez un vent froid.

Le tracé de la frontière entre la Suisse et l'Allemagne est très sinueux et ne correspond guère à des réalités physiques. Le chemin passe en Suisse pour quelque 15km ce qui donne l'occasion de traverser deux trois villages coquets proprets maisons à colombages et volets peints de couleur, des fleurs partout, décos diverses, notamment des oeufs et des lapins de Pâques.

Je vais, pour sécher mes affaires, à l'auberge de jeunesse de Dachsen qui est dans un site particulier puisque juste au-dessus de la célèbre chute du Rhin. Pour s'y rendre il faut beaucoup descendre vers une passerelle sur le Rhin, et beaucoup remonter de l'autre côté.

C'est dans un château. La salle commune où je me fais cuire mes nouilles chinoises dans une magnifique salle toute boisée avec fenêtres sur le Rhin.

jeudi 27 avril Dachsen-Radolfzell 55km

Rheinfall, Schloss Laufen (AJ)

Pluie toute la journée

Eh oui, c'est le fait marquant.

Après un petit déjeuner fourni par l'AJ, bien complet, (avec saucisson et fromage), je tente en vain d'aller voir le Rheinfall (chute d'eau) du côté de Dachsen : payer avec la carte bleue pour 5 euros, la dame veut bien mais pas la machine ; passer au milieu d'un groupe de touristes coréens, ils n'ont rien contre mais le tourniquet se bloque. Et en fait, on peut traverser le Rhin à pied sur le pont de chemin de fer, et de l'autre côté c'est gratuit et la vue est meilleure. C'est pas le Niagara mais ça mousse et éclabousse bien. Un beau moulin tourne sur le côté.

La traversée de la ville de Schaffhausen dans le flot des voitures n'est pas agréable du tout, mais après c'est dans la solitude (quelques très rares héroïques promeneurs exceptés) que je suis le chemin, rarement revêtu, qui au début longe le Rhin puis passe à travers les champs mais aussi les forêts. Avec pas mal de montées et descentes. De l'autre côté du Rhin, on aperçoit le bourg de Diessenhofen où mène un pont couvert, tout en bois.

Stein am Rhein est aussi très pittoresque, son port au bord du Rhin (embarquement pour Schaffhausen), et la ville avec ses maisons couvertes de fresques du haut en bas. Un café à 3,90 euros, mais excellent, dans une très agréable Konditorei, et poursuite du chemin dans la pluie qui reprends de plus belle. Le chemin longe plus ou moins le lac que l'on voit assez peu, de toute façon c'est tout gris. Beaucoup d'urbanisation. Arrivée à Radolfzell par une zone basse marécageuse et qui commence à inonder. Petit port, la gare, centre ville très commerçant. Le camping est à 5km. Situé au bord du lac, il serait très agréable par beau temps mais là c'est une autre histoire !!

Je squatte les sanitaires, chauffés et avec une baie vitrée, pour faire sécher mon barda. Il n'y manque que table et bancs.

 

 

 

Vendredi 28 avril Donaueschingen- Sigmaringen 95km

Paysage nordique!

Froid, vent glacial, pleuviotements et averse de grésil, éclaircies le soir

 

Donaueschingen ? Eh oui pour me remonter le moral j'ai fait un petit saut en train, et suis allée prendre le Danube à sa source au lieu de le rejoindre un peu plus loin à Tuttlingen ce que fait normalement la véloroute. Pour le train, il a quand même fallu monter le vélo sur un escalier (mais on m'a aidé) par contre le wagon était à ras du quai.

Bizarre cette source... Dès la sortie du bled le Danube fait presque 10m de large. ??

 

[L'explication c'est que le fleuve ne s'appelle Donau qu'à partir de cet endroit, où confluent deux rivières, la Brigach et la Breg. La plus longue est la Breg, bref la vrai source est en réalité la source de la Breg, plus à l'ouest dans la Forêt Noire.]

 

Un plateau agricole semé de cabanes en bois, des croupes enneigées, un vent glacial. Arrêt mécanique à Geisinger, arrêt pique-nique (froid) à Möhringen, arrêt café à Tuttlingen.

Et voilà que le moral remonte, je décide d'aller à Sigmaringen, cela me fera plus de 90km et il n'est pas si tôt, mais le soleil revient, et le trajet qui va suivre est magnifique : le Danube méandre dans une belle vallée verte bordée de monts boisés et de grands rochers. Le chemin n'est pas goudronné et pas toujours plat mais qu'importe. On passe quelques fermes, des maisons forestières, on longe une croise une voie de chemin de fer.

À Beuron il y a un magnifique monastère dont les cloches sonnent à toute volée. Là je me rends compte que par le chemin je n'y arriverai pas et qu'il y a une route de l'autre côté de la vallée. Ça va beaucoup plus vite, pas beaucoup de voitures, toujours cette belle vallée, et j'arrive au camping de Sigmaringen à 19h30. Il y fait froid, repas au resto du camping

Samedi 29 avril 2017 Sigmaringen – Munderkingen -60km

Munderkingen

Beau temps mais pas mal de nuages dans l'après-midi et toujours pas très chaud

Au camping il y a une famille française de cyclovoyageurs avec deux enfants, qui viennent de Besançon. Ils ne vont pas à la Mer Noire mais seulement jusque Vienne, ensuite ils remontent à Prague (tentant...) puis à Hamburg. Ils ne font que 35-40km par jour.

Grand week-end, les autochtones conseillent Aldi. Bonne affaire, pour 11 euros j'ai à manger pour trois jours. En ville il y a le marché et une charmante agitation à Sigmaringen, bien que cet énorme château soit un peu sinistre. Et qu'il a servi d'asile à Pétain.

Suite une plaine large et plate et pas désagréable du tout, car les vues sont larges et ça roule bien, en compagnie de très nombreux cyclistes du dimanche. Le confort, ça ne dure pas, on retrouve du relief et de sacrés raidillons, dont un parfaitement inhumain, à 20%. Vues sur de belles églises et beaux monastères. Dans chaque village il y a un mât avec un épicéa au sommet et des blasons. [Maibaum - arbre de mai]

Fin de la journée à Munderkingen où il y a une « Zeltplatz » ce qu'on pourrait traduire par « aire naturelle de camping ». ça a pas l'air ouvert mais on peut s'installer et surtout ne pas téléphoner au numéro indiqué, me conseille une dame qui passe par là, et qui m'ouvre les sanitaires. Il y a de l'eau et même chaude.

 

dimanche 30 avril Munderkingen - Günzburg

Ulm

Beau temps, mais vent contraire pas chaud

Tente et campeuse gelées au petit matin, début du trajet calme et agréable malgré les mains et pieds glacés, un petit café à Ehingen fait du bien.

Plein plein de cyclistes, en casques et grand équipement, et de plus en plus à l'approche d'Ulm. Une "zone naturelle" marécageuse avant d'entrer dans la ville, par un parc plein de monde le long du Danube, sous les remparts. Belle ville à l'urbanisme moderne, centre entièrement piéton, pas de trottoirs. Les bâtiments anciens et modernes se côtoient. Hôtel de ville couvert de fresques, magnifique cathédrale. Danses folkloriques et ambiance festive.

Après Ulm, le Donauweg suit le Danube, puis une route, et enfin traverse des forêts, ça change!

Pas de Zeltplatz à Günsburg. Pas de problème, je trouve un bon campement, sans sanitaires mais avec un tuyau d'eau, à côté de la piscine.

 

lundi 1er mai Günzburg - Donauwörth 75km

temps couvert, pluie l'après-midi

Le long du Danube, maintenant très large, fréquenté par les canards les oies et quelques pêcheurs.

Trajet plus urbain, moins intéressant ensuite. Je me trompe et au lieu de suivre le Donauweg prend une piste qui suit la grand route, l'avantage c'est que j'ai le vent dans le dos ça va vite.Après Erlingshofen, où je casse la croûte dans un cimetière, je m'en vais rejoindre le "bon" chemin.

Une cycliste devant moi, je la double (c'est rare, c'est les autres qui doublent en général). Mais en fait je ne la double pas, on discute, elle est sur la même route et va à Regensburg à l'anniversaire d'une amie... le 3 mai. L'amie a un "schnapszahl" (deux chiffres pareils). 77. Mais il y a quelqu'un d'autre qui a un schnapszahl ce jour là!

Elle m'invite à l'anniversaire, on va ensemble à la Jugendherberge mais elle décide de repartir (mauvaise idée il se met à pleuvoir épouvantablement) car elle a peu roulé aujourd'hui. On se retrouvera à Regensburg si tout va bien. Elle s'appelle Christine.

Quand à moi je me réjouis d'être à l'abri et de pouvoir profiter des commodités de l'auberge.

 

Mardi 2 mai 2017 Donauwörth-Ingolstadt 60km

impressionnante église d'Ingolstadt

Pluie le matin, beau temps le soir

Pas la peine de se presser, la pluie qui n'a pas cessé de la nuit tombe toujours.

A 10h30 elle tombe encore mais le vent est dans le dos la cape protège et le moral y est. Pourtant ce n'est pas un trajet tellement facile qui s'annonce, montées et descentes dans ces collines néanmoins charmantes, villages typiques, jolies maisons, églises, fermes anciennes, arbres de mai (ces mâts avec l'épicéa en haut), ruisseaux où dévale et parfois déborde une eau boueuse.

Le Danube court vite mais est heureusement encore dans son lit. Le chemin le suit sur quelques tronçons, je préfère monter sur la digue que prendre le chemin en contrebas, qui d'ailleurs est sous le niveau du fleuve.

Le plus dur c'est la montée dans un bois, une belle hêtraie au demeurant, sur un chemin non revêtu, une côte bien pire que celle de Zellenberg, eh oui. Petite récompense : quelques brins de muguet en fleurs, et une vue magnifique à la sortie de la forêt.

Qu'est devenue Christine ? Elle m'écrit une première fois qu'elle va prendre le train, ensuite qu'elle pédale, je la crois devant mais elle est derrière. Je m'en rends compte en arrivant à Neuburg, quand je m'arrête sur un banc, au bord du fleuve avec vue sur les clochers de la ville, pour manger le brötchen au fromage prélevé sur le petit déjeuner pantagruélique de ce matin. Je reste donc là pour l'attendre, ça dure, je commence à m'inquiéter et retourne même en arrière, mais voilà deux cyclistes bien chargés. Et elle est l'un des deux ! L'autre cycliste c'est aussi un Allemand, Wolfgang, qui vient de Leipzig, et sillonne l'Europ avec son vélo. Il est passé par Saint Brevin... et va à la mer Noire !

Nous continuerons tous les trois jusque Ingolstadt, pas par le Donauradweg mais par un chemin de terre plein de flaques d'eau qui longe le Danube. Il fait soleil, c'est très beau. A l'entrée d'Ingolstadt, un lac formé par un barrage, pêcheurs, avirons et oies sauvages.

À un café où on mange des galettes de pomme de terre avec de la compote, nous échangeons nos numéros et blogs, Wolfgang va à la pension où il doit rester deux nuits et j'emmène Christine à l'AJ. Nous devions continuer mais le courage a baissé, et il est d'ailleurs presque 20h.

 

mercredi 3 mai Ingolstadt - Regensburg 80km

En bateau entre Weltenburg et Kelheim

Quelques nuages, mais beau temps et bien plus chaud

Christine a un topoguide très précis qui donne toutes les variantes possibles du trajet, avec même une indication de l'état des chemins. Et elle veut rouler toujours le plus près du Danube possible. Je n'ai rien contre, on va salir les vélos, mais ce sera plus court, plus calme, et avec moins de côtes!

Agréable pédalage le long du fleuve qui n'est pas (encore?) en crue mais l'eau est chargée et le niveau monte. Nous roulons principalement sur des digues, pas toujours à ras du fleuve, nous en sommes souvent séparées par des ripisylves ou des prés. Il passe très peu de monde. Mais des animaux: le coucou qui nous poursuit, mouettes, oies, cygnes, geais, autres oiseaux et une cigogne à trois mètres, des lapins, des lièvres, des chevreuils.

Et puis, j'oubliais, deux troupeaux de moutons avec des bergers de légende, tout de noir vêtus.

Nous passons devant une ferme où on vend des produits locaux. C'est fermé mais une paysanne, une vraie, avec un superbe accent bavarois, nous ouvre. On achète des oeufs du miel et des pâtes. Dans l'entrée de la maison il y a un petit coin bondieuseries avec une vierge (de Lourdes) des images pieuses et la photo du pape.

Nous nous arrêtons à Eining à un "Biergarten" au bord du fleuve (= grande terrasse de café avec longues tables et bancs, c'est ce qu'il faut pour boire de la bière en société mais peut aussi prendre autre chose, et manger). Saucisses et frikadelle, café.

Une route peu fréquentée avec une forte côte et de belles vues, nous arrivons à Weltenburg où il y a un célèbre monastère baroque sous des falaises rocheuses. Baroque, l'intérieur de l'église l'est au plus haut point (rococo?).

De là on peut partir en bateau jusque Kelheim, 5-6 km et nous ne manquons pas l'occasion, très beau passage entre les falaises... et très confortable sinon le chemin aurait été dur.

Il nous reste pas tout à fait 40km pour Regensburg. Il est déjà 16h mais c'est plat. Le temps est beau, pas trop de vent, le problème c'est que Christine a épouvantablement mal aux fesses. Nous faisons donc un petit arrêt avec thé sur une table de pique nique à côté de l'église de Poikam au toit pointu couvert de bardeaux, en discutant avec les autochtones qui passent (toujours l'accent bavarois aux r roulés). Un Monsieur qui parle français vient discuter. Il connaît notamment Clermont FErrand, jumelée avec Regensburg.

Poursuite du trajet, avec beaucoup plus de promeneurs, au bord du Danube ensoleillé.. bien qu'à l'ouest montent de gros nuages noirs.

La fin de la journée sera un peu agitée, je ne détaille pas les courses folles dans Regensburg, au GPS de mon smartphone s'il vous plaît, pour chercher la copine de Christine que nous ne trouvons pas, puis la gare où elle va prendre le train pour Ulm, puis vers le camping, où j'ai monté ma tente avant l'arrivée dans la ville.

jeudi 4 mai 2017 Regensburg-Straubing 55km

Straubing vue du Danube

Je suis un peu déçue par la visite de Regensburg. Le centre ville n'est pas débarrassé des voitures et avec les pavés c'est pénible en vélo, la cathédrale est sombre est je trouve moins belle que celle d'Ulm. Groupes de touristes. Mais il y a quand même beaucoup de belles maisons moyennageuses et des tours impressionnantes.

Le trajet qui suit est aussi un peu moins interessant que celui de la veille. Nous sommes dans une plaine agricole très plate, avec vue sur des hauteurs boisées au nord, au sud c'est toujours plat. On roule le plus souvent en bordure du Danube, mais sous la digue alors on ne le voit pas, ou seulement par épisodes.

Agréable place de pique-nique, quand même, avec belle vue sur le large fleuve. Je vois passer trois longues péniches pendant que je suis là.

En repartant je suis doublée à grande vitesse par un couple d'allemands qui va à la Mer Noire. Pas sûr que je les reverrai...

Un tronçon un peu désagréable, on longe une autoroute, c'est fort bruyant, je finis par prendre une petite route pour m'écarter. Ensuite c'est mieux. Il y a encore du soleil mais un beau ciel tourmenté qui risque de tourner à l'orage. Il commence à pleuvoir et je m'abrite sous un porche d'église mais des gens arrivent les uns après les autres. Grüss Gott, grüss Gott! Une messe? ça va être dur de faire un thé là. De toute façon il ne pleut pas si fort.

La fin du trajet est plus jolie, elle traverse des zones marécageuses avec beaucoup d'oiseaux, et on voit les montagnes. Le camping n'est pas si mal, dans la verdure.

Je pars visiter la ville à mes risques et périls car le ciel est d'un noir d'encre. Straubing est une très belle ville style Europe Centrale avec grande place tout en longueur, colonnes, fontaines, maisons à frontons et fenêtres ornées parfois avec fresques, portes, tours, grande église en brique et quelques églises baroques.

Finalement je mange dans une brasserie, bière locale (bonne), saucisses et choucroute. Retour dans le noir et sous la pluie.

Vendredi 5 mai 2017 Straubing – Irring bei Passau 80km

l'église Sankt Mauritius de Niederalteich et les monts de la forêt bavaroise

Pluie le matin, nuages dans la journée, beau le soir

 

Il faudra plier bagage sous la pluie battante. Petit déjeuner à l'abri dans la salle vaisselle du bloc sanitaire. Deux messieurs un peu âgés viennent m'y rejoindre. Ce ne sont pas des cyclistes, ils font le même chemin, cette année jusqu'à Budapest seulement, mais en marchant, 40km par jour. L'un d'eux traîne un chariot accroché à sa taille. Ils ont campé sous la neige à Donaueschingen.

Le chemin manque un peu d'intérêt, il suit la digue du Danube, mais de l'autre coté, en bas, et on ne voit pas le fleuve ! Plaine agricole plate, horizon bien bouché. C'est mieux sur la digue avant Deggendorf, même si il y a tellement de flaques qu'on pédale dans l'eau la moitié du temps. Le Danube est large est rapide, il y a encore bien de la marge pour qu'il passe par dessus les digues.

Deggendorf est une ville industrielle pas agréable à traverser, et même après, on suit l'autoroute ! Je mangerai un peu plus loin, à Niederaltreich, près d'une immense église avec deux tours carrées, un peu sinistre à l'extérieur mais très luxuriante à l'intérieur. Angelots et chérubins, évêques balançant leur crosse, saints et saintes se trémoussant... Je prends en photo ces personnages si expressifs, et soudain vois en dessous des espèces de châsses, et là dedans, horreur, des cadavres, des vrais. À l'état de squelettes, à moitié assis, avec des restes d'habits couronnes et des tas de bijoux, c'est horrible.

Dans ce village il y a un embarcadère et il doit y avoir un bateau qui fait traverser mais il est amarré, et le courant est très fort. De toute façon pour aller à Vilhofen on peut passer d'un côté ou de l'autre.

On continue sous les digues, bientôt dans une campagne plus verte, prés, saules et peupliers et rideaux d'arbres. Puis on traverse des villages sont Künzing où il y a les restes d'une ville romaine et un musée, cet après-midi fermé.

On passe devant une grosse centrale électrique, thermique je suppose, avec deux hautes cheminées blanches. À Vilhofen nouvelle traversée du fleuve. La dernière partie du trajet, c'est une petite route uniquement cyclable qui surplombe le Danube. Le vent et le soleil dans le dos en plus, le fleuve, splendide. Je n'irai quand même pas jusque Passau, il y a un camping champêtre à Irring bei Passau... d'où malheureusement on entends l'autoroute qui est à bien 2km.