Le scoop! Photo de la cycliste,avec Snejena à Dunavski Pristav

Lundi 22 mai 2017 Pécs – (train) Villany - Kopacevo 56km

Kopacevo

Beau temps, chaud, vent d'ouest

Ne me sentant pas d'humeur bien sportive je vais prendre le train jusque Villany, après ça sera plat et il ne me restera plus que 56km jusqu'à Kopacevo où il y a un camping dont j'ai vérifié l'existence sur internet.

Mais est ce à cause de ce parachutage ? La route à partir de Villany donne un étrange sentiment d'irréel. Derrière Villany il y a une montagne pointue comme un volcan ou un terril, à côté des collines plantées de vignes (ses vins sont fameux). La route est assez large mais très peu fréquentée, ce n'est pas la platitude totale, c'est un paysage tout à fait atypique, des cultures comme on voit partout, des bords de route boisé d'espèces qu'on peut trouver partout (il y a quand même le mûrier, qui n'est pas si courant, mais l'imaginerait on ici ?)

Les villages sont configurés comme les autres villages, larges banquettes herbeuses plantées d'arbres de chaque côté de la route, les maisons derrière... peut-être plus rangées que d'habitude, mais en tout cas on ne voit quasiment personne. Je me demande si ce ne sont pas des villages de Schwab, ces Allemands (souabes) qui ont émigré en masse dans le sud de la Hongrie et parlent toujours leur langue, d'où tous ces noms de village en allemand.

Première douane où on arrête les voitures et où on demande les papiers. Je croyais que la Croatie faisait partie de l'union européenne ?

De l'autre côté de la frontière c'est toujours les grandes cultures, c'est toujours l'habitat groupé et les villages rues (encore plus à rallonge). L'architecture des fermes est différentes, pignon plus ou moins orné sur la route, et tout en longueur derrière, toits de tuiles plates, à côté un petit bâtiment étroit avec des claies, séchoir sans doute. Le tout très décrépi. Un peu de volaille qui se promène, des autochtones que disent « dobar dan ».

Les routes deviennent plus droites et plus fréquentées, je commence à être nostalgique des véloroutes et suis contente d'arriver à Kopacevo, un très beau village pas loin d'une réserve naturelle, zone humide (amène les moustiques!).

Je m'exerce au serbocroate avec le gérant du camping, le problème c'est qu'il s'appelle Bela... et est hongrois (en fait ce village est peuplé de Hongrois!). Il m'invite à boire (bière, vin rosé, palinka), et à manger (cevabcici et paprikas cultivés ici).

Mardi 23 mai 2017 Kopacevo – Ilok 93km

le château d'eau de Vukovar

Beau temps le matin, vent d'ouest favorable, orage et pluie l'après-midi

à Osijek, je rejoins l'eurovélo, indiquée par des panneaux bleus épisodiques, il vaut mieux avoir une carte. Un petit arrêt dans cette ville. Au centre ancien, une grande place avec colonne et fontaine, une église jaune, et des pavés qui n'ont absolument rien à envier à ceux de Bourges. C'est une des plus grande ville de Croatie et on met longtemps à en sortir, mais il y a une piste le long de la route.

Mais après il n'y a plus de piste, et les routes sont de plus en plus fréquentées, heureusement que j'ai le vent dans le dos, ça va vite. A Vukovar le ciel est noir d'encre et l'orage éclate, je peux m'abriter.

Il y a eu des combats terribles dans cette ville pendant la guerre des années 90, il reste beaucoup de ruines, des bâtiments troués d'obus notamment le château d'eau, et il y a des chantiers de construction partout.

À la sortie encore des routes hyper-fréquentées, voitures et camions à fond la caisse, et le pire c'est qu'il se remet à pleuvoir, c'est très éprouvant. Et au niveau relief ce n'est même plus vraiment plat, car pour rejoindre les villages au bord du fleuve il faut descendre du plateau entre des falaises rocheuses, et remonter à la sortie. Il faut faire ça 5 fois.

Pour me réconforter de ces épreuves je me prends au Dunav Hôtel *** une chambre avec vue sur le Danube, à 300 kunas (40 euros).

Mercredi 24 mai 2017 Ilok-Novi Sad 50km -Beograd (train)

sur la digue

Beau temps le matin, vent d'ouest favorable, orage et pluie l'après-midi

Il suffit de passer le pont, un contrôle douanier à l'entrée, un autre à la sortie, de l'autre côté c'est la Serbie, Bačka Palanka, ville formée d'un quadrillage de rues avec toujours les bandes herbeuse plantées d'arbres. Je ne fais qu'y changer mes kunas restantes en dinars serbes (un énorme paquet de billets), et je reprends une grand route pour quelques kilomètres. Ça roule un peu moins vite mais frôle souvent d'un peu trop près.

Les panneaux de l'eurovéloroute, toujours bleus, indiquent une petite route sur la droite, ensuite on rejoint la digue longeant le fleuve, et là quel plaisir intense d'être dans le calme ! Jolie campagne avec des petits champs ou des prés fauchés, au loin des collines boisées, un chemin empierré mais bon, et le vent dans le dos.

On rejoint un hameau, où je trouve une jeune cycliste voyageuse arrêtée qui me demande si le chemin est bon et m'avertit d'un très mauvais chemin, que je vais soigneusement éviter. Elle est Australienne, est arrivée en avion à Belgrade, et suis maintenant le Danube jusqu'en Suisse pour remonter ensuite au nord de l'Europe. Elle s'appelle Emily.

J 'entre donc à Futog, qui a la même configuration en quadrillage que Bačka Palanka et toutes les localités avoisinantes, puis reprends la digue. Après un arrêt casse-croûte et un café (turc) dans un resto flottant sur le Danube je continue jusque Novi Sad et traverse la ville, quartier de grands immeubles et beaucoup de parcs (constructions socialistes?), grandes avenues avec pistes cyclables, puis on arrive dans les rues piétonnes du centre ville.

Je prends le train pour Belgrade pour éviter de me prendre l'orage. Montée laborieuse du vélo, je manque rester sur le quai avec mes sacoches partant dans le train.

Je suis assise à côté d'une jeune fille qui parle italien et espagnol, et s'avère finalement être russe, et s'appelle Olga. Elle fait des traductions et ne travaille que par internet, a vécu en République dominicaine et en Angleterre, et reste à Belgrade car elle peut y vivre en permanence avec un visa de tourisme, qu'elle renouvelle tous les mois, en allant faire tamponner son passeport dans un quelconque pays limitrophe.

Arrivée à Belgrade dans l'orage et le déluge.

jeudi 25 mai 2017 Belgrade

intérieur de l'église Saint Marc

temps nuageux

Pas vraiment une journée de repos, pas de vélo (il n'y en a d'ailleurs pas beaucoup ici) mais beaucoup de marche dans cette belle capitale des Slaves du Sud. Blanche je ne trouve pas (bel voudrait plutôt dire blanc en slave). Plus facile en marchant de faire abstraction des flots de voiture, et sur les trottoirs on croise une population fort variée et plutôt sympathique, tous les types slaves du plus clair au plus foncé.

S'il n'y a pas de pistes cyclables, il y a des espaces piétons, rues piétonnes et grand commerce, mais aussi tout l'espace autour de la citadelle, où il n'y a pas que des murs mais beaucoup de verdures et une belle vue sur les méandres du Danube. Et puis encore la partie « bohême » la rue Skadarlija, à côté d'une grande usine désaffectée aux murs peints, en fait ce ne sont que cafés et restaurants devant lesquels de belles jeunes filles invitent les passants à entrer.

N'oublions pas les églises pas toutes monstrueuses comme l'énorme « hram svetog Save » en construction depuis plus d'un siècle (l'extérieur fini), mais toujours imposantes. La Crkva Svetog Marka qui monte vers sa haute coupole, la Saborna crkva est très ornée, de fresques mosaïques dorures et peintures de saints. Ce qui frappe dans ces églises c'est de voir les fidèles s 'adonner à des rites d'un autre âge, baiser les images pieuses, battre sa coulpe, courbettes, signes de croix à n'en plus finir. Ce ne sont pas que des vieilles dames, il y a tous les âges et même beaucoup de jeunes.

Beaucoup de monuments, des photos de victimes, des petits groupes qui manifestent avec banderoles (j'ai pas compris l'objet).

Je croyais que les Serbes écrivaient en caractères cyrilliques, encore une idée fausse, les deux écritures sont employées et je dirais même que la latine prédomine.

Vendredi 26 mai 2017 Belgrade-Dunavski Plicak

La sortie de Belgrade se fait finalement sans problème, à part le passage du pont, assez stressant car aucune voie pour les vélos. Cela motive le choix de prendre un mauvais chemin sur la digue plutôt que la route.

Chemin mauvais en effet, mais c'est le grand calme. Marécages d'un côté, champs de l'autre. Quelques travailleurs dans les champs, des apicuteurs (les ruches sont des cases multicolores sur des remorques), et des hérons, cormorans, aigrettes, vanneaux, cigognes...

Pancevo est une localité importante, il y a une énorme usine de pétrochimie pleine de fumées et bien polluante, ça vous prend carrément à la gorge. Sinon ce bourg et ceux qui suivent sont plutôt jolis et sympathiques, les gens me saluent et même me parlent.

Retour par la digue (chemin fort mauvais) jusque Kovin, encore une usine chimique et un petit port, ensuite quelques petites routes me mènent à une "cyclist guest house" au bord du Danube où je peux camper. Bon accueil (mais cher pour camper, 10 euros). Beau site mais des moustiques.

 

Samedi 27 mai 2017 Dunavsky Plicak - Golubac 78,5km

Encore une matinée de digues et marécages. Rencontre de Beate et Jakob, deux cyclistes autrichiens bien sympathiques, traversée du Danube en leur compagnie, plus une trentaine de motos du club motocycliste serbe "Archangel". Immenses étendues d'eau et mmontagnes à l'horizon.

Changement du paysage, campagne vallonnées et devant montagnes sur lesquelles s'amoncellent  des nuages menaçants. Mais un vent fort les emmène ailleus, arrivée par le beau temps à Golubac village touristique où il n'y a plus de chambre de libre. Je campe au bord du Danube près d'un ponton (encore!) coucher de soleil sur l'impressionnant chateau de Golubac.

Dimanche 28 mai 2017 Golubac-Tekija 93km

Fini les digues, la route longe le Danube dans une zone montagneuse, tunnels pas éclairés, pas trop de circultation  mais voitures camions et cars qui routes trop vite.

Paysages évidemment magnifique, surtout au passage des fameuses "portes de fer". En fait on ne sait pas exactement à quoi s'applique cette dénominarion, l'ensemble du défilé, les zones ou le rétrecissement est le plus important? t il y a le barrage en aval qui a ce nom.

Ce qui est sûr c'est que c'était pendant longtemps un obstacle à la navigation.

Une côte de 4km le matin, une autre de 7km le soir...

 

Lundi 29 mai 2017 Tekija- Ljubicevac 65km

Dans un village
Remarquez les avis mortuaires sur le poteau à gauche

Beau temps, chaud

Route tranquille le long du fleuve carlme et bleu, mais le paysage devient industiel en arrivant sur Kladovo. Mais le centre ville est agréable avec de larges avenues dont uneC'est une  piétonne occupée par les terrasses des cafés.

Après Kladovo on peut observer les ruines d'un pont romain de l'époque de Trajan qui traversait le Danube (vers la Dacie?). Le fleuve fait environ 1km de largeur ici, ça devait être impressionant.

Je suis un méandre qui 'encastre dans la Roumanie, c'est l'euroveloroute 13 qui suit le rideau de fer. Une zone de campagne, jardins et champs, villages reculés, femmes en fichu et vieilles fermes, avis mortuaires collés partout, ainsi que des plaques à l'effigie des défunts. Des ordures qui traînent et beaucoup de saleté.

A Vajuga, à la fin du méandre, on trouve un petit port, le fleuve très large, un monument à la gloire de la résistance au fascismeet des vignes sur les coteaux, et puis on rejoint la route principale vers Negotin.

Un panneau m'attire vers le village de Ljubicevac où on annonce un camping, et il existe, c'est un vrai camping gardé avec bel espace herbeux au bord du Danube mais malheureusement des sanitaires, disons, rustiques.

lever du jour à Ljubicevac

Mardi 30 mai 2017 Ljubicevac- Nepotim 46km

un chef d'oeuvre de mauvais goût parmi tant d'autres

Beau temps, chaud

Belle aube rosée sur le fleuve, départ vers 7h.

Pour aller à Nepotim, une partie de l'itinéraire était un chemin de terre en bord de fleuve, mais les premiers 100m sont déjà épouvantables, et un autochtone me dissuade d'y aller. Ce sera donc des routes jusque Nepotim. Au début on suit le fleuve, ensuite on monte (pas trop violemment finalement) sur un plateau en friches, les seules cultures sont quelques vignes. On ne voit plus le fleuve, mais des collines boisées autour. Il y a un peu d'air mais le soleil cogne. Je regarde les plaques funéraires au bord de la route. Ça doit bien être des accidents, quand il y en a plusieurs ils sont morts à la même date, et il y a beaucoup de jeunes autour de 30 ans. Ça devrait les faire rouler moins vite. En plus des contrôles routiers, encore un aujourd'hui, je passe à 15km/h.

Je quitte la grand route pour en prendre de plus petites au niveau d'un gros village appelé Dusanovac. Ce village est assez horrible. Il y a deux ou trois jolies maisons anciennes et le reste c'est ces énormes maisons horribles avec des galeries des colonnades et de la Chantilly partout. Ce village est en plus assez désert, presque personne dehors et en tout cas pas un enfant.

Arrivée à Nepotim, où malheureusement il n'y a plus de place dans la magnifique chambre d'hôtes recommandée par Beate et Jakob. Mais le propriétaire est extrêmement sympathique, il me trouve une chambre ailleurs, m'offre un café et me propose de lui laisser ma lessive.

Il y a foule dans le parc tous les enfants sont déguisés. Je retrouve Julian, le jeune cycliste campeur Munichois.

Il y a ici un réparateur de vélos où le copain du mécano est un jeune Français d'origine serbe, Nicolas, aucun problème pour s'expliquer ! Changement des freins, du rayon cassé, dévoilage et graissage. Nicolas est content de parler un peu français (moi aussi d'ailleurs!) et m'explique que ces grosses maisons horribles sont construites par des Serbes vivant à l'étranger. Cela leur revient à autour de 80000 euros...