Vendredi 16 juin 2017 Jurilovca-Mamaia 80km

Enfin une belle église orthodoxe

quelques nuages, vent du sud est

Le trajet à parcourir est moins long mais il sera bien plus pénible. Plateaux dénudés sans un arbre, routes droites et circulation infernale. Mes Autrichiens me doublent pour la dernière fois sur une route au trafic intense, pas moyen de se parler.

Gros villages mais où on ne peux même pas trouver un café ou un petit supermarché, les petits magasins d'alimentation sont nombreux mais ils n'ont pas grand chose, il y a des terrasses aussi mais pas de café ou seulement au distributeur.

Le comble est la fin du trajet où il faut longer, dans la poussière, le bruit et le danger, d'interminables zones industrielles. Sur la languette de terre qui relie Navodari à Mamaïa et à Constantsa on ne voit pas la mer mais des immeubles et des chantiers de construction. Il y a une piste cyclable plus ou moins continue.

Mais je trouve un camping, c'est pas cher, 17 lei. Il va jusqu'à la mer, et il y a des cyclistes, particulièrement Jacqueline, une dure de dure qui après avoir fait le même trajet que moi mais partie de Lyon un presque un mois plus tard (100km par jou), s'en va pédaler dans les Carpathes.

Et puis il y a la baignade qui clôt la randonnée. L'eau est belle et bonne.

Jeudi 15 juin 2017 Tulcea-Jurilovca 104km

champs cultivés, marécages, lac Razim

Couvert, puis beau temps avec quelques nuages

Plutôt en forme pour reprendre la route. Et pourtant le début du trajet n'est qu'une succession de côtes, alors qu'on domine la réserve du delta où c'est si plat ! Et puis on atteint, avec le vent dans le dos une zone basse avec beaucoup de lacs et zones marécageuses. Bref moins dur.

Je me fais de nouveau doubler par les deux Autrichiens de Graz qui allaient à Tulcea puis à Varna. Nous prenons un café ensemble. Puis ils me sèment, bien sûr.

Bientôt on va commencer à apercevoir le « Lacul Razim » tellement vaste qu'on croirait la mer. Du côté de la terre des champs d'éoliennes sur des petites montagnes dénudées ou plantées en vignes. On traverse trois villages où on trouve de jolies maisons avec des porches à arcades peints de couleurs variées, et aux pignons en bois.

En fin de journée, on peut voir à la lumière du soir le château fort d'Erisana , le Lakul Razim, des collines boisées (Padureadobrogea), et des marécages. Les côtes reprennent mais on n'est plus très loin, dernière descente vers Jurilovca où je trouve un hôtel pas cher mais pas les Autrichiens.

Mercredi 14 juin 2017 Tulcea-Sulina environ 80km en bateau

La Mer Noire à Sulina

Beau temps qq nuages l'après midi

Journée passée dans le delta, dans un petit bateau en compagnie du chauffeur du bateau et de quatre jeunes suédois.

Passage dans des canaux bordés de saules ou de roseaux, ou dans des lacs. Oiseaux d'eau aigrettes hérons grands et petits, grèbes foulques cygnes cormorans pélicans...

Visite de plusieurs villages. Dans le premier, complètement isolée et où on ne peut arriver qu'en bateau, je découvre que la population est russophone, et notre guide en fait partie, nous parlerons donc russe, et je ferai même la traduction en anglais pour les suédois!!!

C'est un village de pêcheurs. Le prochain village que nous verrons est sur une île beaucoup plus grande, une île je ne sais pas car apparemment on peut y accéder en voiture. Les maisons sont en bois, torchis et toit de chaume, entourées de palissades, tas de paille dans la cour. Ici l'activité est l'agriculture, plutôt l'élevage. On part dans un camion brinquebalant voit une forêt, traversant des étendues très plates avec quelques troupeaux de vaches et on arrive à la forêt nommée "Padurea Letea" qui est une vraie forêt alluviale avec chênes, frênes, tremble, peupliers et une végétation du type calcicole. Mais ce n'est qu'une bande et sans transtion on arrive dans le sable, dans des anciennes dunes. C'est très curieux.

Sulina est sur le Danube et on ne voit pas la mer, elle est à 2km. Je choisis d'y aller plutôt que de manger. Plage avec parasol, sable un peu gris, eau assez polluée... MAIS JE SUIS ARRIVEE AU BUT!

Au retour, je vais à la gare me renseigner sur les trains. Il y en a très peu et pas pratiques du tout. Il ne me reste plus qu'à prendre le vélo pour aller à Constantsa. Le voyage n'est pas fini!

 

Mardi 13 juin 2017 Braila-Tulcea 97km

Beau temps, très chaud, passages nuageux l'après midi

Route longue, difficile et pas très drôle aujourd'hui, car que des grandes routes, il n'y a qu'un épisode tranquille à la sortie du bac avant de rejoindre la route principale venant de Braila. Et puis les reliefs sont toujours éprouvants, dire qu'on a en vue la plaine du Danube, si plate... mais la route n'y passe pas, ce qui est tout à fait explicable, cette plaine est marécageuse et fréquemment inondée.

Beaux paysages pourtant, vues sur cette plaine, sur des lacs, vue sur les monts déjà observés la veille. Maisons couvertes de toits de chaume. Surprise de voir, depuis si longtemps, des chênes au bord de la route, puis des prés couverts d'arbres épars et des collines un peu boisées.

On voit Tulcea de loin, cheminées, grues, grosses usines pleines de tuyaux. Moi qui croyais que c'était une tranquille cité touristique! Je prends une chambre pour deux nuits, et ce soir me rends compte qu'avec le bateau officiel qui va à Sulina, au bord de la mer Noire, on ne peut pas rentrer le soir même. Il faut prendre des vedettes pour touristes, j'aime pas trop ça mais c'est sans doute dommage de ne pas le faire... si c'est possible. On verra demain.

Je mange de la mamaliga (polenta) plat traditionnel roumain (aussi).

 

Lundi 12 juin 2017 Daiena-Braila 71km

paysans au travail

Beau temps, ciel voilé le soir

Petites routes agréable, puis grandes routes beaucoup moins, dans des paysages dénudés. belles vues sur des monts pelés et plus rarement sur des bras du Danube.

Premières villes: Macin, après il y aura Braila et Galatsi. Je choisit de faire étape à Braila où sont nés Panaït Israti et Serge Moscovici, grand port valaque prospère à la fin du XIXème, ça se voit à l'architecture. Belles maisons, la rue regala qui a gardé son pavage mais dont toutes les maisons ne sont pas en bon état. Un joli parc apprécié des habitants.

Dimanche 11 juin 2017 Cernavoda-Daiena 74km

chevaux et peupliers au bord du Danube

Beau temps, quelques passages nuageux, vent du nord de face

La journée commence par un intense découragement, marre des hôtels, marre de ces côtes, les premières sont déjà difficiles, et sur la carte il y en a d'indiquées d'un bout à l'autre du trajet, c'est moche à la sortie de Cernavoda et par dessus le marché le vent est en face.

Mais bon, il faut tenir, ces côtes elles se font malgré tout, il fait beau, même pas trop chaud avec le vent justement. Le temps est clair, et dans un paysage très ouvert, vallonné, les vues sont très étendues, sur les champs de blé blonds, le Danube et ses peupliers mais pas souvent, des monts lointains, les alignements d'arbres qui bordent les routes. Il y a moins d'activité agricole (mais on est dimanche...), mais il y a toujours les belles maisons derrière les palissades de bois, encore quelques charrettes et des gens qui répondent aux buna ziua, quand on les prononce correctement. Quelques pauses sous les auvents des cafés de campagne vous ravigotent même si le café des distributeurs tord un peu l'estomac. Les échanges avec la population sont limités mais sympathiques.

On est pas toujours en hauteur,quand on descend vers le fleuve il y a des prés où paissent des moutons, des vaches, des chevaux, les troupeaux sont toujours accompagnés par un humain, les chevaux sont souvent à la longe devant les maisons. Quelques étangs et zones marécageuses où on voit les oiseaux d'eau, hérons aigrettes, et des rapaces. Des cigognes il y en a partout et chaque village a des quantités de poteaux occupés par leurs nids.

Petites route en général, à part une quinzaine de kilomètres désagréables sur les nationales. Les automobilistes roumains ont bien un comportement de latins.

Et pour me remonter tout à fait le moral, je me trouve un petit bivouac bien sympathique, sur une friche qui se sème en ailantes, dans un petit coin d'herbe bien caché, avec les oiseaux, sous une colline où des renards viennent m'observer (de loin).











Samedi 10 juin 2017 Negureni-Cernavoda 49km

bras du Danube à Rasova

Temps nuageux

La civilisation rurale n'a peut-être pas encore disparu d'Europe. En tout cas ici on est en plein dedans : fermes entourées de palissades de bois, avec basse cour, troupeaux de moutons ou de chèvres, chiens, chevaux, charrettes qui passent, paysans qui vont aux champs avec des faux, qui repassent avec du foin, du bois

à plusieurs reprises des chiens se mettent à me courir après en aboyant, je m'en tire en accélérant...

La route monte et descend entre des vertes collines, certaines portant la marque d'anciennes terrasses. Les vignes et les plantations d'arbres fruitiers ne doivent pas être à ces paysans là. Elles sont entourées de clôtures de fer. On longe aussi une zone marécageuse couverte de roseaux.

À Rasova, une belle vue sur la moitié du Danube, à cet endroit séparé en deux bras.

à Cernavodaas de monuments anciens mais quelques belles maisons. Au centre une large avenue piétinne pavée et  un parc où les mariés du jour vont faire des photos. Malheureusement les mariés ne sont pas qu'au parc, mais font la fête à l'hôtel, pas moyen de dormir.

Je mange avec quatre cyclistes originaires de l'est de la France qui sont venus d'Alsace et vont jusque Contantsa. Ils auront fini demain.

Vendredi 9 juin 2017 Silistra(B)-Negureni (RO) 50km

Pluie

Elle n'a pas cessé de la journée pour ce premier jour en Roumanie. Paysages vallonnés, cultures, arbres fruitiers, forêts (je fais fuir une troupe de sangliers), vues embrumées sur le fleuve, et sur toute une série d'étangs consacrés à la pêche, collines avec anciennes terrasses. Peu de villages mais deux monastères orthodoxes, l'un ancien avec des popes à barbe grise, l'autre très récent avec des nonnes habillées de noir. La jeune Katharina à l'air illuminé parle un peu anglais, me fait visiter l'église, me propose le réfectoire pour manger mon casse-croûte et m'offre même un bol de soupe.

J'en bave, évidemment, la pluie, les voitures, par moment des rafales de vent, les côtes raides...

J'avais décidé de m'arrêter au premier hébergement, je passe un hôtel où il n'y a personne et une maison d'hôtes où il n'y a pas de place, et m'arrête seulement au bout de 50km dans une autre maison d'hôtes un peu vieillote tenue par un couple âgé.